Avec cette réforme, l'assurance maternité serait déjà en vigueur
Interviews, DFJP, 04.02.2003. Le Matin (Anne Dousse)
«LE MATIN»: Pourquoi proposez-vous cette réforme alors que de nombreux citoyens estiment qu'il y a trop d'initiatives populaires?
RUTH METZLER: Il est vrai que la Suisse connaît aujourd'hui des droits populaires étendus. Mais le Conseil fédéral et le Parlement jugent nécessaire de renforcer la démocratie directe de manière plus ciblée en introduisant l'initiative générale et en élargissant le référendum facultatif en matière de traités internationaux. Cette réforme est moins ambitieuse que celle prévue par le Conseil fédéral en 1996, mais elle permet de combler des lacunes.
Ne craignez-vous pas que les citoyens soient submergés par les votations?
Cette réforme ne devrait pas obliger les citoyens à se rendre plus souvent aux urnes. Aujourd'hui, les deux tiers des initiatives populaires constitutionnelles ont pour objet des voeux qui peuvent être réalisés par le biais de la loi. Avec l'initiative générale, il sera possible de changer la législation, ce qui n'implique pas forcément de recourir à une votation.
Quelle est la différence entre l'initiative constitutionnelle et l'initiative générale?
Avec l'initiative telle que nous la connaissons aujourd'hui, nous pouvons modifier la Constitution. Or notre Charte fondamentale ne devrait pas être encombrée de dispositions qui n'y ont pas leur place. L'initiative générale, elle, formule une intention. Le Parlement décide ensuite si l'initiative doit être réalisée au niveau de la Constitution ou de la loi. Si les initiants s'estiment trahis par les Chambres, ils peuvent s'adresser au Tribunal fédéral qui invitera les parlementaires à légiférer dans le respect de l'initiative.
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