Le DFJP récuse les déclarations du conseiller national Andreas Gross

Berne, le 16.10.2006. Le Service d’information du DFJP récuse fermement les déclarations du conseiller national Andreas Gross publiées aujourd’hui dans les médias. Ce dernier reproche au conseiller fédéral Blocher d’avoir tenu des propos douteux envers l’Afrique et les Africains lors d’une séance de la Commission des institutions politiques du Conseil national (CIP-N). Les déclarations de M. Gross, président de la CIP-N, contiennent implicitement des reproches de racisme. Ayant examiné le procès-verbal de la séance et les comptes-rendus publiés dans les médias, le Service d’information du DFJP prend position comme suit : les citations et les affirmations de M. Gross, conseiller national socialiste, sont dénuées de tout fondement. Les mots que le conseiller national Gross met dans la bouche du conseiller fédéral Blocher ne se retrouvent nulle part dans le procès verbal de ladite séance de commission, et pour cause, puisqu’ils n’ont jamais été prononcés. En revanche, le conseiller fédéral Blocher s’est exprimé à diverses occasions – notamment dans le cadre d’une séance de la CIP-N, le 14.09.06 et dans des interviews (« Le Temps » du 29.08.06 et « Facts » du 14.09.06) – sur la problématique de la forte pression migratoire d’Afrique et sur le fossé entre le Nord et le Sud.

Lors de la séance de la Commission des institutions politiques du Conseil national (CIP-N) du 14 septembre 2006, citée par différents médias et mentionnée par le conseiller national Andreas Gross, M. Blocher a parlé de la pression migratoire. Il a exprimé sa conviction qu’il fallait combler le fossé économique entre le Nord et le Sud, par exemple par l’industrialisation. Il a indiqué que le fossé entre le Nord et le Sud était une cause essentielle des migrations et a illustré son propos avec l’exemple de l’Afrique qui, ces dernières décennies, a reçu des montants considérables au titre de l’aide au développement, sans pour autant que sa situation ne s’améliore sensiblement. Une solution durable pour un développement économique pourrait passer par l’octroi de crédits, mais l’expérience montre qu’en bien des endroits, l’Afrique manque d’une culture industrielle et que – contrairement à ce qui se passe en Chine, par exemple – les initiatives industrielles y sont souvent un échec. Lors de ladite séance de commission, le conseiller fédéral Blocher a constaté que personne, et lui non plus, ne savait comment s’y prendre avec l’Afrique pour que le continent s’industrialise. Il a ajouté que l’Afrique y arriverait peut-être un jour par ses propres moyens et que laisser l’Afrique se débrouiller seule était aussi une possibilité envisageable. Le conseiller fédéral a expliqué que selon lui, l’aide au développement et l’achat de biens à des prix surfaits ne constituaient pas des solutions valables pour l’Afrique. Les échanges avec d’autres ministres ont également permis de discuter l’idée d’un « plan Marshall » pour l’Afrique, mais cette idée n’a pas reçu un accueil favorable, parce que les conditions économiques nécessaires ne sont pas réunies.

Les propos tenus par le conseiller fédéral Blocher devant la Commission des institutions politiques du Conseil national correspondent à ceux qu’il a exprimés dans différentes interviews en réponse à des questions portant sur le même sujet (« Le Temps » du 29.08.06 et « Facts » du 14.09.06). Des extraits de ces interviews sont publiés à la suite du présent communiqué.
Le conseiller fédéral Blocher maintient ses propos, qui sont l’expression d’une perplexité largement répandue concernant la politique de développement en Afrique. Seule une analyse sans concession de la situation permettra de trouver une solution efficace.
Le Service d’information du DFJP condamne la divulgation aux médias de propos tenus lors d’une séance de commission confidentielle, ainsi que la déformation de ces propos par le président de la CIP-N. Malheureusement, le secrétariat de la Commission des affaires politique s’est opposé à la publication, souhaitée par le Service d’information du DFJP, d’extraits du procès-verbal de la séance. Le président de la commission s’étant exprimé dans les médias de manière non conforme à la vérité, le DFJP exige maintenant que la Commission des affaires politique du Conseil national rende publics les passages en question du procès-verbal.

Extraits d'interviews:

 

„FACTS“, 14.09.2006.

Wie könnte ein vernünftiger Umgang mit der Migration aussehen?
Global gesehen: Die betroffenen Länder müssen Bedingungen schaffen, damit die Menschen gar nicht wegwollen. Afrika kenne ich gut. Wie man es industrialisieren könnte, weiss ich leider auch nicht. Während der Kolonialzeit hatte es wirtschaftlich bessere Verhältnisse, aber keine Freiheit. Die Menschen konnten ihr Schicksal nicht selber bestimmen. Oft taucht die Idee eines Marshall-Plans für Afrika auf.

Was würde das bedeuten?
Was die Amerikaner nach dem Zweiten Weltkrieg in Deutschland machten: Sie gaben Kredite, um Industrien und Fabriken aufzubauen. In Afrika gelingt das leider oft nicht, obwohl es schon praktiziert wird, wenn auch nicht im grossen Stil.

Warum nicht?
Dort existiert keine industrielle Denkweise. In Unternehmen, in denen ich tätig war, bauten wir zwei Fabriken zur Herstellung von Synthesefasern auf. Nach zwei Jahren sahen die Anlagen so aus, dass sie nicht mehr betrieben werden konnten.

Die Schweiz kann gar nichts tun?
Wir tun viel mit der Entwicklungshilfe. Ob sie nützt, ist eine andere Frage. Eine andere Theorie ist auch, Afrika sich selber zu überlassen: Afrika, das in sich selbst ruht. Nur sehen die Menschen dort im Fernsehen die Verhältnisse in anderen Ländern, sie wollen dasselbe. Und die Schlepper versprechen ihnen viel. Das gibt einen Sog. Deshalb dränge ich darauf, dass Asylgesuche schnell entschieden werden. Wer nach vier Wochen abgewiesen in sein Dorf zurückkehrt, obwohl er viel Geld bezahlt hat, erzählt das weiter. Das macht den Schleppern den Markt kaputt.

 

“Le Temps”, 29.08.2006.

Seriez-vous en train de nous dire que la Suisse n'a aucun problème avec les étrangers?
Non. Le problème vient maintenant surtout du fait que des Africains, des Sud-Américains, des Asiatiques, etc., non qualifiés, rêvent d'Europe à cause des images vues à la télévision. Et tentent d'y venir par le biais de l'asile. Comme entrepreneur, j'ai construit des usines en Afrique et en Chine, en partant de l'idée qu'améliorer la situation économique dans les pays d'origine permet de faire reculer la migration non contrôlée. Je continue à le croire.

Et vous êtes aujourd'hui dans le bon département pour «contrôler» l'immigration...
Oui, mais je vous rappelle que je ne l'ai pas choisi. Comme chef d'entreprise, j'aurais plutôt souhaité un autre département. Le fait est que la thématique de l'asile est prise très au sérieux par la population suisse. Et voir ces derniers mois les images d'Africains qui arrivent par centaines aux Canaries ne contribue pas à apaiser les esprits. S'ils choisissent l'Espagne, c'est notamment parce que le pays a régularisé un nombre très important de clandestins. Mais cela crée, comme on le voit maintenant, un appel d'air. C'est précisément ce qu'il faut éviter.

Mais vous l'avez aidée à construire un hôpital au Ghana...
Oui. C'était il y a environ vingt ans. J'ai financé la construction de cet hôpital avec ma fortune personnelle. L'hôpital avait pour but de former des personnes aux principes de base de la médecine pour qu'elles la pratiquent ensuite dans leur village. Je trouvais ce concept bon, mais ce genre de structure ne fonctionne que si elle est bien dirigée. Industrialiser l'Afrique est difficile.

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