Le préapprentissage d’intégration est un succès

Mots-clés: Intégration

Communiqués, SEM, 12.11.2019

Un premier bilan du programme pilote de préapprentissage d’intégration nous apprend que deux tiers environ des personnes qui y ont pris part ont trouvé par la suite une place d’apprentissage. Tant les participants que les écoles professionnelles et les entreprises sont dans l’ensemble satisfaits de ce programme. Les premiers sondages mettent en lumière les domaines dans lesquels il pourrait cependant être développé et amélioré.

18 cantons participent au programme pilote quadriennal de préapprentissage d’intégration (PAI), lancé en août 2018. Après une première année, les résultats sont prometteurs :

  • Sur les plus de 750 personnes qui ont entamé une formation PAI durant l’été 2018, 610, soit quatre sur cinq, ont achevé leur première année.
  • Environ trois quarts de ces 610 participants ont ensuite trouvé une place d’apprentissage dans une formation professionnelle initiale ; 27 % d’entre eux ont opté pour un apprentissage menant à un certificat fédéral de capacité (CFC) et 73 % pour un apprentissage sanctionné par une attestation fédérale de formation professionnelle (AFP).
  • Ce sont donc près de deux tiers des participants du PAI entamé un an plus tôt qui ont ainsi trouvé une place d’apprentissage.
  • Quelque 5 % des participants du PAI ont trouvé un emploi dans la foulée.
  • Un certain nombre de participants se sont ensuite tournés vers une autre mesure qualifiante ou n’avaient pas encore trouvé de débouché au moment de l’enquête.

Ces résultats sont notamment le fruit, d’une part, de l’engagement des partenaires dans les cantons, les écoles professionnelles et les entreprises et, d’autre part, de la motivation des réfugiés et des personnes admises à titre provisoire qui ont suivi le PAI. Ils confirment l’utilité et l’orientation du programme dans la préparation à la formation professionnelle initiale.

Près de 19 % des participants ont mis fin prématurément au contrat de PAI. Cette proportion est du même ordre de grandeur dans la formation professionnelle initiale. Les motifs d’abandon sont fort divers : problèmes de santé, lacunes scolaires ou linguistiques, réorientation ou commencement d’une activité lucrative régulière et rémunérée.

Entreprises formatrices : offrir des opportunités et recruter de nouveaux travailleurs qualifiés

Forts de l’expérience acquise au cours de cette première année, le SEM et les partenaires du programme souhaitent développer et améliorer le PAI. Afin d’évaluer le programme, ils ont interrogé les entreprises formatrices, les écoles professionnelles ainsi que les participants eux-mêmes. Bilan : la plupart des entreprises formatrices sont satisfaites ; moins de 5 % seulement ne seraient pas prêtes à renouveler leur participation. Un grand nombre d’entreprises qui ont offert une place de formation PAI aux réfugiés souhaitent ainsi leur donner une chance de s’insérer sur le marché du travail suisse. Enfin, de nombreuses entreprises considèrent également le PAI comme un instrument de recrutement pour de futurs candidats à des apprentissages AFP et CFC. Elles attirent ainsi du personnel qualifié pour le secteur industriel concerné. Les motivations des entreprises sont donc en grande partie conformes à la stratégie du Conseil fédéral, qui veut que les entreprises suisses recrutent le plus grand nombre possible de travailleurs en Suisse – y compris des étrangers qui y vivent déjà.

Les spécialistes de la formation estiment toutefois que des améliorations pourraient être apportées, entre autres, à l’encadrement externe des apprentis et à l’échange d’expériences avec d’autres entreprises participant au PAI. Les chiffres fournis par les cantons révèlent qu’avant de suivre le programme, à peine deux tiers des apprentis du PAI affichaient le niveau linguistique A2 et environ un quart le niveau B1. Bien que les conditions d’admission aient ainsi été remplies et que les apprentis aient réalisé des progrès significatifs en langues au cours de leur PAI, c’est dans le domaine de l’encouragement linguistique que le plus grand potentiel d’amélioration a été relevé. Des offres spécifiques, proposées par les cantons dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda Intégration Suisse, devraient permettre de préparer encore mieux les candidats au PAI et à la formation professionnelle.

Le Conseil fédéral prolonge le programme pilote jusqu’en 2023/2024

Les débuts prometteurs du programme pilote de PAI ont poussé le Conseil fédéral, dès la mi-mai 2019, à le prolonger de deux ans, soit jusqu’en 2023/2024, et à étendre l’offre aux adolescents et aux jeunes adultes qui ne relèvent pas du domaine de l’asile. L’accent est mis sur les personnes originaires de l’UE, de l’AELE ou d’États tiers en situation de regroupement familial, sans diplôme du cycle secondaire II ou susceptibles de dépendre de l’aide sociale. Le Conseil fédéral a pris cette décision en même temps qu’il a adopté six autres mesures visant à promouvoir le potentiel offert par la main-d’œuvre vivant en Suisse.

Le programme pilote de PAI se base sur une décision du Conseil fédéral de décembre 2015. Son objectif vise à améliorer durablement l’intégration professionnelle des réfugiés reconnus et des personnes admises à titre provisoire. En l’espace d’une année, le PAI doit permettre à ces personnes d’accéder à une formation professionnelle initiale en acquérant des connaissances linguistiques axées sur leur profession, en se familiarisant avec les règles du marché du travail suisse et en assimilant les connaissances académiques et professionnelles nécessaires.

vers le haut Dernière modification 12.11.2019

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