Evénement des dirigeants, COP 21 CCNUCC, Paris

Déclaration de la Présidente de la Confédération suisse Simonetta Sommaruga

Discours, DFJP, 30.11.2015. La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga. La parole prononcée fait foi.

Monsieur le Président, vos Excellences, Mesdames et Messieurs, chers amis,

Il est urgent d’agir pour le climat

La Suisse est elle aussi directement concernée par le changement climatique : nos glaciers fondent et reculent de plus en plus chaque année. Le changement climatique constitue une grave menace pour la planète et pour la prospérité et la santé de l’ensemble de nos sociétés.

C'est pourquoi la Suisse est venue à Paris pour soutenir l’adoption d’un nouvel accord sur le changement climatique :

  • qui maintienne la hausse moyenne de la température mondiale largement en dessous de 2 degrés Celsius,
  • qui augmente la résilience de tous les pays aux aléas climatiques, et
  • qui soit équitable pour toutes les Parties compte tenu de l’évolution de leurs responsabilités et de leurs capacités.

La COP 21, une chance pour réorienter les investissements vers la protection du climat

Paris nous offre l’opportunité de mettre en place une base internationale solide pour réorienter les investissements vers la protection du climat. Afin de faciliter ce tournant, le nouvel accord doit instaurer un cadre stable.

Seul un accord imposant les mêmes obligations à toutes les Parties et reposant sur un socle de règles communes pourra unir tous les pays dans la transition vers des sociétés résilientes et des économies à faibles émissions de carbone.

Monsieur le Président, vos Excellences,

Pour que le nouvel accord sur le climat qui sera signé ici à Paris tienne toutes ses promesses, il faut qu’il soit juridiquement contraignant, dynamique et équitable. Cela suscitera la confiance et créera un élan positif pour toutes les Parties.

En ce qui concerne l’atténuation, toutes les Parties devront prendre tous les cinq ans un engagement clair, transparent, compréhensible et déterminé au niveau national. Ces engagements successifs devront être à chaque fois plus ambitieux que les efforts précédents. L’adoption de cycles de cinq ans durant lesquels les Parties actualiseront leur contribution et la progression de leurs ambitions au fil du temps nous amèneront progressivement sur la voie des 2 degrés.

En ce qui concerne le financement climatique, il est essentiel que tous les Etats s’emploient à mobiliser des fonds pour des investissements respectueux du climat. Il est donc important que l’ensemble des Parties mobilisent des ressources nationales, en fonction de leurs capacités, et que toutes les Parties en mesure de le faire apportent une aide aux Etats qui en ont besoin.

Dans le domaine de l’adaptation, la planification et la coopération sont primordiales pour améliorer la résilience face au changement climatique.

L’engagement de la Suisse face au changement climatique

La Suisse est venue à Paris pour adopter un accord conforme à cette ambition.

Au début de cette année, la Suisse a fait savoir qu’elle avait l’intention de réduire d’ici à 2030 ses émissions de gaz à effet de serre de moitié par rapport à leur niveau de 1990. La réduction visée de 50 % d’ici 2030 sera obtenue en partie grâce à l’acquisition de crédits-carbone auprès d’organismes internationaux appliquant des normes environnementales rigoureuses.

De plus, la Suisse a plus que triplé ses financements publics en faveur du climat entre 2009 et 2014 et reste mobilisée pour apporter une contribution équitable à l’engagement de réunir 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020. La Suisse formalisera la totalité de sa promesse de contribution de 100 millions de dollars en faveur du Fonds vert pour le climat au plus tard à la fin de janvier 2016. Elle en a d’ailleurs déjà versé une première tranche et exhorte les autres Etats parties à faire de même. Il est crucial d’aider les pays qui en ont le plus besoin. C’est pourquoi la Suisse augmentera également de 75 % sa contribution annuelle au Fonds pour les pays les moins avancés et versera 6,25 millions de dollars d’ici à 2018.

Monsieur le Président, vos Excellences, Mesdames et Messieurs,

Ici, à Paris, nous devons adopter pour les prochaines décennies un accord juridiquement contraignant et ambitieux, qui repose sur des règles visant à préserver le bien-être de nos sociétés. C’est seulement en unissant nos forces que nous aurons la capacité d’agir afin de protéger notre climat pour les générations futures.

vers le haut Dernière modification 30.11.2015