"5e anniversaire de l’UDC Valais – Pourquoi faut-il une UDC forte ?"

Discours, DFJP, 23.08.2007. Les versions orale et écrite font également foi. L'orateur se réserve le droit de s'écarter sensiblement du manuscrit.

Hérémence. A l’occasion d’une réunion d’information de l’UDC à Hérémence, le conseiller fédéral Christoph Blocher a évoqué les atouts de son parti. Sans l’UDC et sans la démocratie directe, a-t-il déclaré, la Suisse serait déjà membre de l’Union européenne depuis longtemps, mais seule une Suisse indépendante et libre d’agir comme elle l’entend est en mesure de déterminer elle-même son avenir.

Mesdames, Messieurs,

En 1991, l’UDC réunissait environ 11 pour cent de l’électorat suisse, ce qui en faisait, et de loin, le plus petit parti de la coalition gouvernementale. Douze ans plus tard, en 2003, l’UDC devient le premier parti de Suisse en termes de nombre d’électeurs. Le groupe parlementaire de l’UDC a ainsi plus que doublé le nombre de ses sièges. Le parti compte aujourd’hui deux conseillers fédéraux au sein du gouvernement national.
Que s’est-il passé ? Comment précisément l’UDC a-t-elle pu connaître un essor aussi important?

La réponse se trouve, d’une part, dans la politique de l’UDC elle-même et, d’autre part, dans la politique menée par les autres partis.

1. Les funestes années 90

En 1989, le mur qui séparait les deux Allemagnes est tombé, illustrant l’effondrement du socialisme. Toute une série d’Etats d’Europe de l’Est et de l’ex-Union soviétique ont littéralement fait faillite. Le socialisme a été un échec à tous les niveaux : économique, politique, social et culturel.
En Suisse, cependant, il s’est passé quelque chose de curieux : au moment même où le socialisme s’effondrait en Europe de l’Est, la Suisse s’est employée à reprendre des concepts socialistes voués à l’échec.

L’exemple effrayant que constituait l’Europe de l’Est ayant disparu, les idées de gauche – ou mieux, les illusions de gauche – ont pu devenir majoritaires.

L’UDC zurichoise disait à l’époque : c’est à la gauche et aux gens bien intentionnés que nous devons tout cela.
Les funestes années 90 sont ainsi devenues la décennie de la gauche, de ses partisans et des artisans de sa majorité politique.

Les conséquences ont été dévastatrices :

  • des milliards de dettes
  • toujours plus d’impôts et de taxes
  • des problèmes de sécurité
  • une immigration massive
  • le déclin de l’école
  • la perte des notions de respect et de discipline
  • des abus massifs de l’aide sociale
  • des fraudes dans le domaine de l’asile qui ont coûté des milliards
  • l’augmentation de la criminalité des étrangers
  • le refus de reconnaître ces réalités
  • un moralisme hypocrite
  • la répression des opinions différentes au nom du politiquement correct
  • le mépris de la Suisse et de ses réussites historiques

Dans le même temps, l’autodétermination de la Suisse était abandonnée. Les élites politiques étaient obsédées par l’idée d’internationalisme. En 1989, on croyait qu’une ère de paix durable s’ouvrait. La majorité du Conseil fédéral et des partis se sont alors efforcés de faire entrer la Suisse dans des organisations internationales : ces promesses illusoires s’appelaient l’EEE, l’UE, l’ONU et l’OTAN. Pour y accéder, les élites politiques étaient prêtes à sacrifier les droits populaires, la neutralité et la souveraineté de la Suisse.

Seule l’UDC – ou plus précisément la majorité de l’UDC – s’est opposée à cette politique funeste.

L’UDC a été le rempart de la démocratie directe.

En dépit des attaques violentes menées contre sa politique par les milieux politiques et, en partie, économiques, l’UDC est restée inébranlable.

Elle devait défendre la Suisse contre ses détracteurs internes.
Elle a également défendu les valeurs qui ont contribué au succès de la Suisse :

  • la liberté
  • l’autodétermination
  • la responsabilité individuelle
  • le goût du travail

2. Pourquoi faut-il une UDC forte au Conseil fédéral?

Nos adversaires, qui sont responsables de la politique désastreuse des années 90, ne veulent pas de l’UDC au Conseil fédéral ou alors seulement d’une UDC sans consistance.
Les partis faibles ne supportent pas d’être confrontés à une UDC forte.
Les partis de gauche et les Verts appellent donc à ne pas me réélire : parce qu’ils voient les succès que nous remportons au Conseil fédéral. Il n’y a pas là de quoi s’inquiéter.

3. La mission de l’UDC

  • L’UDC s’engage en faveur de l’indépendance de la Suisse. C’est pour cette raison que nous refusons de nous laisser enfermer dans un cadre institutionnel contraignant. Une adhésion à l’UE n’est pas compatible avec l’indépendance, la neutralité armée perpétuelle et la démocratie directe suisse. Voilà pourquoi nous devons lutter.
  • Nous voulons une Suisse indépendante, afin de pouvoir préserver notre liberté d’action. Seul celui qui est libre d’agir comme il l’entend peut décider lui-même de son avenir.
  • L’UDC mise sur les points forts de la Suisse : des citoyens responsables, un pouvoir de l’Etat limité, moins de réglementations, moins d’impôts, davantage de responsabilité individuelle.
  • Sans l’UDC et sans la démocratie directe, la Suisse serait depuis longtemps membre de l’Union européenne.
  • Aujourd’hui – soit 15 ans après le non à l’EEE – une étude menée par le World Economic Forum (WEF) indique que la Suisse est le pays le plus compétitif au monde.
  • Une performance réalisée sans le secours de l’EEE ou de l’UE, mais grâce à notre indépendance, grâce à la démocratie directe et grâce à la fermeté de nos citoyennes et de nos citoyens, grâce à une UDC forte.

4. Pourquoi sommes-nous devenus forts ?

  • Parce que pendant les sombres années 90, l’UDC défendait des principes, ce qui était contraire à la tendance de l’époque.
  • Parce que l’UDC voulait voir la réalité telle qu’elle était.
  • Parce que l’UDC pouvait ainsi identifier les problèmes et les appeler par leur nom.
  • Parce que l’UDC proposait des vraies solutions, contrairement aux autres partis.
  • Se baser sur la réalité, regarder les problèmes en face, défendre fermement les solutions adoptées – en dépit de toutes les attaques – voilà comment l’UDC s’est renforcée.

Mais cette volonté de lutter ne doit pas faiblir.

5. Un jour nouveau

Depuis 2004 – après la victoire électorale de 2003 et l’obtention d’un deuxième siège au Conseil fédéral – nous vivons un jour nouveau.
Nous avons pu rallier le Conseil fédéral et la majorité du Parlement à une partie au moins de nos solutions.
Et le peuple suisse a finalement accepté à presque septante pour cent les nouvelles lois sur l’asile et sur les étrangers. Une véritable lueur d’espoir.

Pour la première fois depuis des années, la Confédération présente à nouveau des chiffres noirs.

Depuis 2003, aucun impôt n’a été augmenté au niveau fédéral.

Des sujets autrefois tabous sont aujourd’hui abordés, même si c’est avec une certaine timidité : la criminalité chez les ressortissants étrangers, l’inutilité de l’aide au développement, la violence des jeunes, les abus enregistrés dans les domaines de l’AI, des assurances sociales, etc.

Le Conseil fédéral ne considère plus l’adhésion à l’UE comme un objectif stratégique.

Le peuple a approuvé la 5e révision de l’AI.

Comme vous pouvez le constatez : il faut de la patience, mais ça en vaut la peine.

Le plus important est de faire preuve de ténacité et de ne pas dévier de ses principes.

Pour les citoyennes et les citoyens, la question qui se pose donc, à l’approche des élections de 2007, est la suivante : revenir aux funestes années 90 – ou poursuivre l’amélioration qui s’est timidement amorcée ?

Les dates anniversaires sont l’occasion de faire une pause et de mesurer le chemin parcouru, mais le plus important est de continuer. L’UDC n’a jamais terminé sa mission, c’est toujours une nouvelle mission qui commence.

vers le haut Dernière modification 23.08.2007