« Chômage, violence des jeunes, dégradation de l’éducation: les réponses du conseiller fédéral Christoph Blocher »

Discours, DFJP, 24.08.2007. Les versions orale et écrite font également foi. L'orateur se réserve le droit de s'écarter sensiblement du manuscrit.

Bienne. Lors d’une réunion d’information de l’UDC Bienne / Morat / Neuchâtel, le conseiller fédéral Christoph Blocher a parlé de la violence des jeunes, du chômage et de la dégradation de l’éducation. Les actes de violence sont souvent le fait de jeunes étrangers, notamment des Balkans, a déclaré M. Blocher, ajoutant qu’il était lâche et dangereux de nier cette réalité.

Mesdames, Messieurs,

1. Statistiques

Ces dernières années, les actes de violence commis par des jeunes, et en particulier l’ampleur de la violence, ont fortement augmenté. Les jeunes étrangers, notamment des Balkans, sont surreprésentés parmi les auteurs d’actes de violence.
Permettez-moi de citer quatre communiqués de presse, concernant les quatre plus grandes villes de la Suisse alémanique, qui illustrent ce problème.

Berne, le 30.1.2007
Les dernières statistiques de la criminalité montrent que les jeunes utilisent de plus en plus souvent la violence physique.
« C’est devenu une activité comme une autre pour les jeunes. Ils frappent et rackettent les gens pour s'amuser et parce qu'ils s'ennuient », explique le chef de la police judiciaire, Florian Walser. « Les auteurs sont de plus en plus fréquemment des mineurs et de jeunes adultes, très souvent issus de l’immigration ».

Winterthour, le 1.2.2007
« Le taux de délinquance a augmenté parmi les jeunes étrangers de Winterthour. » (une citation du porte-parole de la police, Peter Gull)

Bâle, le 8.2.2007
La proportion d'étrangers parmi les délinquants adultes était de près de 55 % en 2006 et de 57 % en 2005. Quant aux jeunes délinquants, « on ne parle plus de criminalité des étrangers, mais de criminalité des Balkans ».

Zurich, le 8.2.2007
« Le problème principal demeure la criminalité juvénile », souligne le chef de la police judiciaire zurichoise, Bernhard Herren. Les jeunes issus des Balkans seraient notamment surreprésentés. Ils constituent 52,6 % des jeunes délinquants étrangers ayant commis des infractions contre la vie et l'intégrité corporelle.

Les politiciens, les employés de l'Etat et les experts avancent souvent des pourcentages et des statistiques de ce genre. Mais derrière chacun de ces chiffres se cachent des êtres humains et des destins. Pour les victimes et leur entourage, les statistiques représentent beaucoup de souffrance et parfois des expériences terribles qui peuvent détruire toute une vie.

2. Infractions et peines

J'estime que nier l'existence d'une criminalité des étrangers est à la fois dangereux et lâche. Pour résoudre un problème, il faut l'appeler par son nom. Et nous avons bel et bien un problème.

En tant que ministre de la justice, je considère qu'il est plus important de protéger les citoyens contre les criminels que de se préoccuper du bien-être des criminels en leur proposant toutes les thérapies possibles et imaginables.
En tant que ministre de la justice responsable des migrations (et donc de l’immigration), je suis d'avis qu'il doit être possible d'expulser les étrangers délinquants. Plus encore, je trouve que cela devrait être obligatoire.

Nous avons constaté que de nombreuses jeunes victimes de violence, de menaces et de contrainte ne dénonçaient pas leurs bourreaux, par peur. Ils n'osent parler ni à leurs parents, ni aux représentants de l'école, ni à la police. Voilà qui est tout à fait déplorable!

3. Une école sans discipline?

L'école ne va pas très bien de nos jours. J'entends beaucoup d'enseignants se plaindre de leurs difficultés à se faire respecter pendant les cours. Les maîtres d'apprentissage déplorent que les adolescents ayant terminé leur scolarité n'aient pas les connaissances et le savoir-faire minimum. Les grandes entreprises font leurs propres tests de recrutement, car elles ne font plus confiance aux certificats scolaires.

Les parents à leur tour s'inquiètent du manque de perspectives professionnelles de leurs enfants, à cause de la mauvaise qualité de la formation qu'ils ont suivie.

Tout cela est le fruit d'une politique erronée en matière d'enseignement et d'éducation. Depuis les années 70, la gauche a imposé ses recettes anti-autoritaires en Suisse. Le corps enseignant a cru à ces fausses promesses et, aujourd'hui encore, les effets de ces méthodes pédagogiques prétendument progressistes se ressentent dans les écoles et les foyers.
Les principaux problèmes liés à ces méthodes sont les suivants :

  • suppression des notes
  • refus de l’effort
  • éducation anti-autoritaire
  • absence de discipline
  • enseignement à la carte, selon l’envie de l’élève
  • entretien d'une mentalité du « tout m'est dû »
  • excuses psychologiques pour tout écart de comportement
  • tout enfant incapable de rester assis et de se concentrer est aussitôt qualifié de génie en herbe qui, sous prétexte qu'il s'ennuie tellement, ne peut que perturber la classe.

Il est temps de sonner le glas de cette pédagogie vouée à l'échec. La pédagogie gauchiste n'a pas fonctionné et c'est à nous, à présent, de recoller les morceaux. Nous tous, et en particulier l'UDC, qui a toujours rejeté cette pédagogie.

Nous devons revenir aux méthodes qui ont porté leurs fruits.

  • L'éducation ne va pas sans une certaine rigueur. On ne progresse pas sans application.
  • Si l'école ne met pas l'accent sur le travail et la discipline, elle passe à côté de sa mission élémentaire.

4. La qualité : une valeur éternelle

Si nous portons haut ces valeurs et exigeons qu’elles soient respectées, les jeunes Suisses auront un avenir professionnel.

Fiabilité, disponibilité, formation professionnelle de qualité, inventivité, application, discipline sont autant d'éléments qui ont toujours distingué la place économique suisse. Voilà sur quoi nous devons nous appuyer. Aujourd'hui encore, les travailleurs bien formés exerçant leur métier avec application continuent d'être très demandés.

Mais une formation professionnelle de qualité ne va pas sans une attitude exigeante envers les élèves. Les jeunes doivent répondre aux exigences. Personne ne le fera à leur place.
La volonté de travailler et l'application ne s'apprennent pas à l'école. C'est une question d'attitude.
Et chacun est responsable de son attitude. Quand les enfants sont petits, c'est aux parents d'insuffler la bonne attitude. Ils peuvent exiger d'eux de l'application.

Les jeunes ont besoin de perspectives. Ils doivent voir qu’il vaut la peine de travailler. Ils doivent voir qu’il vaut la peine d'être persévérant. Car, j'en suis convaincu, c’est le travail qui permet la réussite.

Nous devons vivre ces valeurs et les imposer.
Pour que la jeunesse, en Suisse ait un avenir !

vers le haut Dernière modification 24.08.2007