"Les 90 ans de l’UDC du canton de Zurich"

Allocution prononcée par le conseiller fédéral Christoph Blocher lors de la commémoration des 90 ans de l’UDC du canton de Zurich, le 2 septembre 2007, à Zurich

Discours, DFJP, 02.09.2007. Les versions orale et écrite font également foi. L'orateur se réserve le droit de s'écarter sensiblement du manuscrit.

Zurich. A l'occasion des 90 ans de l'UDC du canton de Zurich, le conseiller fédéral Christoph Blocher est revenu sur les temps difficiles durant lesquels le Parti des paysans zurichois fut fondé et sur les succès et déconvenues qui ont jalonné la vie du parti, soulignant que ce dernier avait très tôt reconnu que le socialisme était la principale menace pour les fondements de la Suisse. Il a ajouté que cette commémoration devait être l'occasion de se rappeler l'importance des valeurs fondamentales de la Suisse.

Mesdames et Messieurs,

90 ans se sont écoulés depuis ce dimanche, au beau milieu de la Première Guerre mondiale (1914 – 1918), où fut fondé le Parti paysan zurichois, dans la Tonhalle de Zurich.

1. Fondation en des temps difficiles

L’UDC zurichoise est donc née – tout comme la Suisse – à une époque troublée, dans une période d’adversité. Les temps étaient difficiles, particulièrement pour la population rurale. Depuis le développement des chemins de fer dans la seconde moitié du 19e siècle, la paysannerie était en crise.
Les céréales étrangères bon marché inondaient le marché indigène et la situation s’était encore aggravée suite à de mauvaises récoltes et à l’arrivée de parasites de la vigne dévastateurs.

A cette époque, les puissants barons de l’industrie, des finances et des chemins de fer tenaient le haut du pavé.
Dans l’autre camp, des syndicats socialistes et le parti socialiste s’organisaient. En 1919, on pouvait lire dans la revue le Paysan zurichois : « Les socialistes veulent des denrées alimentaires bon marché, quelles qu’en soient les conséquences, même si cela entraîne la ruine de la population paysanne. »1
Aux yeux du Parti des paysans, les représentants du capital et de la grande industrie constituaient cependant un danger tout aussi grand pour la survie de la paysannerie.
A leur sujet, toujours dans le même journal, on lit ceci : « Eux aussi veulent des denrées alimentaires bon marché : denrées alimentaires bon marché, main d’œuvre bon marché, gains en capital élevés, se disent ces messieurs. »2

Malgré cette situation difficile, la population rurale n’était pas unie. Sur le plan politique, la classe moyenne agricole et rurale luttait souvent dans des camps différents : les uns soutenaient les Radicaux, les autres, les Démocrates. Mais plus le temps passait, moins ces partis étaient disposés à s’intéresser aux revendications de la population rurale. Selon le fondateur de notre parti, les démocrates représentaient avant tout les intérêts de « théoriciens bien rémunérés ». Quant aux radicaux, ils étaient jugés « trop indolents pour s’opposer avec vigueur au socialisme liberticide ».

2. Les débuts

Dès le début, le Parti des paysans dut se défendre contre les médias et les autres partis qui lui reprochaient de mener une politique égoïste fondée sur la défense des intérêts particuliers d’une seule catégorie professionnelle. Mais le Parti des paysans fut aussi considéré, dès sa fondation, comme le plus ardent soutien de la défense nationale et comme un défenseur résolu de la démocratie, dans laquelle il voyait un « solide pilier de l’Etat, pour l’avantage de tous».3

En 1917, pour sa première participation à des élections, le Parti des paysans obtint d’emblée 47 mandats au parlement cantonal, suscitant des commentaires d’autant plus acerbes dans la presse et une jalousie d’autant plus grande des autres partis.

Comme vous le voyez, il n’y a rien de nouveau sous le soleil : la jalousie n’a pas diminué de nos jours.

C’est donc en 1917 qu’est née l’actuelle UDC du canton de Zurich. Elle est venue enrichir le paysage politique du canton de Zurich, déjà composé, à l’époque, des radicaux et des démocrates (qui ont par la suite fusionné pour devenir le parti radical-démocratique), des socialistes (aujourd’hui le parti socialiste, PS) et de deux partis confessionnels, plus petits, les chrétiens sociaux et le parti évangélique.

Pourquoi, dès lors, une force politique supplémentaire était-elle nécessaire ?
Parce que les gens ne se sentaient pas représentés.
L’UDC a émergé de la base, pour répondre à un besoin largement ressenti. Les attitudes intellectuelles qui ont présidé à la naissance de l’UDC et à celle de notre pays, la Suisse, étaient semblables : un mélange d’obstination et d’esprit rebelle.

Les fondateurs de l’UDC zurichoise voyaient le camp bourgeois (à l’époque les radicaux et les démocrates) lorgner à gauche. Trois ans avant la création du parti, au moment des élections au Conseil national de 1914, le « Paysan zurichois » se plaignait en ces termes de leur attitude : « A Winterthour, les bourgeois ont montré clairement qu’ils préféraient s’allier au parti socialiste plutôt qu’aux paysans.
A la même occasion, à Zurich, nous avons appris que les bourgeois n’entendaient pas accorder une représentation aux régions rurales lorsqu’ils détenaient la majorité dans les villes. »4

3. Un parti trouve sa voie

La naissance de l’Union démocratique du centre peut être clairement rattachée à trois motivations principales :

  • la défense classique des intérêts politique d’une catégorie socioprofessionnelle ;
  • la coalition des forces autochtones, attachées à la patrie, affirmant leur amour de la liberté en ces temps agités de la Première Guerre mondiale, à la veille de la révolution socialiste en Russie ;
  • la promotion de la valeur de la Suisse, des valeurs patrie, famille et travail.

Les pères fondateurs se considéraient – ils le disaient eux-mêmes – comme le parti du « peuple zurichois autochtone, fidèle à la patrie ».

Parmi toutes les figures marquantes ayant appartenu à la grande famille radicale à laquelle tout réussissait depuis 1848, mais qui s’en séparèrent après le tournant du siècle, on remarque tout particulièrement le valet de ferme Fritz Bopp Bülach.
En 1907 déjà, il avait fondé, dans l’arrondissement de Bülach, un parti paysan qui, sous sa conduite, y avait obtenu une majorité absolue.
Dans sa modeste chambre de valet de ferme, il s’était instruit lui-même pour devenir rédacteur de journal puis président de tribunal et conseiller national.

A Berne, il s’élevait contre la dilapidation de l’argent des contribuables. Il joignait d’ailleurs les actes à la parole, puisqu’en signe de protestation et d’exemple, il rendit à la Confédération toutes ses indemnités de parlementaire.

Bopp dédaignait tous les portraits photographiques de lui en expliquant que : « Aujourd’hui, n’importe quel idiot se fait tirer le portrait ! » Il portait un jugement impitoyable, mais sincère, sur bon nombre de ses collègues du Conseil national : « Je vois certaines nullités affectées briller de toute leur vacuité. »

4. Succès et déconvenues

Dès le milieu des années 20, le Parti des paysans traverse des vicissitudes qui sont le lot de tous les partis : revers, querelles, conflits et scissions.

Durant cette période de turbulences, en 1925, un homme prend la tête du parti, qu’il conduira dans des eaux plus tranquilles et dotera d’un véritable programme : il s’agit de Rudolf Reichling, originaire de Stäfa. Il reprit les revendications de ses prédécesseurs et renforça l’orientation patriotique du parti.

L’autre grand projet politique était le socialisme. L’adversaire principal, la Gauche. Les socialistes et les Verts, pour prendre des références actuelles.

Cette idée était résumée en une phrase : « Le parti a vocation à rassembler tous les paysans, ouvriers et artisans, ainsi que tous les intellectuels, employés et ouvriers ayant des racines dans le sol de la patrie et respectant le principe de la propriété privée, afin de travailler ensemble pour le bien commun. »5

5. Contre les socialistes de toutes obédiences

Le parti comprit rapidement que le socialisme était la menace la plus grave pour les valeurs fondamentales de la Suisse : l’autodétermination, la liberté, le fédéralisme, la responsabilité individuelle, l’ordre économique libéral. Les choses n’ont pas beaucoup changé. La question politique fondamentale reste de tout temps la même :

De combien d’Etat l’être humain a-t-il besoin ? Combien d’Etat, combien de liberté voulons-nous ? Le jeune Parti des paysans était déjà fermement attaché à ses principes, ce qui lui permit par la suite de résister à toutes les tentations totalitaires. La question était particulièrement d’actualité dans les années 30, lorsque le parti déclara :
« La solution ne viendra ni du marteau et de la faucille, ni de la croix gammée, ni du dogme d’un parti, ni de la dictature de l’Etat. Rassemblons-nous résolument derrière la croix blanche sur fond rouge, le symbole de la démocratie, l’emblème de notre alliance interne et de notre responsabilité les uns envers les autres. C’est avec cet emblème que nous battrons nos adversaires politiques et que nous vaincrons ! »6 Telle était la profession de foi du parti en 1933, l’année où Hitler s’empara du pouvoir.

6. Penser aux citoyens

Le fait que nous célébrons aujourd’hui un anniversaire n’est pas une raison pour passer sous silence les faiblesses et les échecs qu’a connus le parti au cours de son histoire. L’UDC zurichoise, elle aussi, a connu son lot de crises. Particulièrement lorsque, par opportunisme, par tactique électorale ou simplement par paresse, elle a délaissé ses principes. Ce n’est pas l’adversaire politique qui a affaibli l’UDC : le parti a toujours été lui-même à l’origine des crises qu’il a traversées.

C’est un danger qui menace en permanence les politiques et les partis : dès que le succès pointe le bout de son nez, ils ne pensent plus qu’à eux-mêmes, à leur carrière et aux avantages dont ils peuvent bénéficier et oublient leur mandat ; ils veulent être aimés et que la presse chante leurs louanges ; ils en oublient les préoccupations des gens. Vous voyez : rien de nouveau sous le soleil !
Considérez le paysage politique actuel : que celui qui a des yeux observe, que celui qui a des oreilles écoute : il ne faut pas être bien perspicace pour remarquer les dysfonctionnements dans le pays ou dans les partis.

7. Les années 70 : crise et renaissance

Un an après Zurich, c’est à Berne, en 1918, qu’un Parti des paysans, artisans et bourgeois (PAB) voit le jour. Il devient rapidement le premier parti de ce grand canton agricole et, dans le groupe UDC au Parlement fédéral, il a dominé les Zurichois jusqu’au début des années 90 de par l’importance, notamment numérique, de sa délégation.

Jusque dans les années 90, l’UDC n’était représentée que dans la moitié des cantons suisses. Ce n’est qu’avec le débat sur l’Union européenne, et notamment grâce au succès remporté contre l’adhésion à l’Espace économique européen, que l’UDC a pu marquer sa présence dans tous les cantons.
En 1971, le PAB suisse a intégré les Démocrates des Grisons et de Glaris pour devenir l’actuelle Union démocratique du centre (UDC).

Lors des élections au Conseil national de 1975, l’UDC a cependant subi un revers considérable. Avec un score ne dépassant pas 9,9 % au niveau national, son unique siège au Conseil fédéral était même sérieusement menacé. Dans la peur et la douleur, une vive discussion s’est élevée au sein du parti : comme d’habitude, de nombreux membres pensaient qu’il fallait abandonner les idées conservatrices et essayer d’attirer de nouveaux électeurs – principalement de gauche – en développant une idéologie plus moderne, plus libérale et progressiste.

La discussion s’éloignait toujours plus des préoccupations des citoyens pour se concentrer sur des considérations de stratégie politique et de marketing.
L’UDC zurichoise, qui n’avait décroché que quatre mandats lors des élections de 1975, s’interrogeait aussi très sérieusement sur l’avenir du parti et son orientation, mais elle estimait que le marketing du parti n’était pas la voie à suivre.

Après d’intenses débats au sein de l’UDC, après des départs et des turbulences, des réconciliations et des conspirations, au terme de compromis et de nombreuses discussions de fond avec des représentants du parti inquiets et tentés par un recentrage à gauche, c’est finalement la ligne libérale-conservatrice de l’UDC zurichoise qui s’est imposée au niveau national, même si le débat, notamment avec certains membres bernois et zurichois du parti, a continué sporadiquement jusqu’au milieux des années 90.

Les Zurichois ont pu exposer de manière convaincante qu’il n’était pas nécessaire de s’ouvrir à une nouvelle conception du monde, ni d’essayer de se faire bien voir d’un centre peu fiable, aux idées floues, où se bousculent déjà suffisamment de partis. Ils ont surtout pu établir clairement une fois pour toute qu’une dérive à gauche serait désastreuse pour le pays.

Zurich a souligné que les idées bourgeoises libérales-conservatrices, l’idée de la responsabilité individuelle des citoyens, n’étaient aucunement dépassées, qu’elles étaient même porteuses d’avenir. Zurich s’est opposée à une ouverture idéologique mais s’est prononcée en faveur d’une ouverture à des thèmes nouveaux, sur la base d’une solide idéologie existante. L’image de l’être humain au cœur de l’idéologie du parti ne devait pas changer.

L’UDC ne devait plus s’occuper uniquement de l’agriculture, de la défense nationale et des finances, mais s’intéresser à tous les domaines : politique de l’Etat, éducation, sécurité, politique sociale, politique économique, etc.

Au sein même du parti zurichois, la démarche n’allait pas sans susciter des controverses. De nombreuses réunions de travail, des discussions, des débats internes et de violentes attaques de l’extérieur ont néanmoins permis de rassembler la base du parti.
C’est au beau milieu de cette période – au début de 1977 – que le président du parti zurichois, le conseiller national Werner Leutenegger, par ailleurs président de l’Union des arts et métiers de son canton, décéda brusquement.
L’élection à la présidence se transforma alors en référendum sur l’orientation idéologique du parti. A l’issue d’une campagne acharnée, c’est finalement votre serviteur qui fut élu à la tête du parti en février 1977. J’ai occupé cette fonction jusqu’à mon entrée au Conseil fédéral, en 2004.
Au début, les structures du parti ont été resserrées, les sections locales et les partis d’arrondissement ont été renforcés et une grande importance accordée au travail de fond.

Le principe suprême qui guidait la direction du parti était : moins le parti pense à lui-même, plus les électeurs penseront à lui. Dans le détail, ce principe se traduisit par la suppression des indemnités, jetons de présence et autres frais, et par la professionnalisation du secrétariat.

Sur les thèmes nationaux, le parti cantonal zurichois commença alors à devancer le parti suisse. Son influence s’étendit à tout le pays. La réunion annuelle de l’Albisgüetli devint un événement d’importance nationale. Rappelons aussi cette mémorable assemblée qui, en 1992, avait réuni plus de 500 délégués à l’Albisgüetli et au cours de laquelle le parti cantonal zurichois fut le premier, à la surprise de tous les observateurs politiques, qui eut le courage de s’opposer au traité de l’EEE.

Comme la presse se faisait de moins en moins l’écho des succès de l’UDC zurichoise (le nombre des sièges qu’elle occupe au Conseil national est passé de 4 en 1975 à 13 en 1999), le parti dut mener le combat en organisant des meetings et en publiant des encarts dans les journaux. Les électeurs ont remercié l’UDC – malgré toutes les attaques visant le parti – en lui accordant une part croissante de leurs suffrages.

L’UDC zurichoise est ainsi devenue le parti de tous ceux qui ont les pieds sur terre et qui maîtrisent leur quotidien. L’Union démocratique du centre du canton de Zurich est peu à peu devenue le parti de la classe moyenne et de la population qui travaille.

Le parti de la ville s’est développé de manière ciblée – notamment sous la direction du conseiller national Walter Frey pour que l’UDC devienne un grand parti aussi bien dans les campagnes et les agglomérations que dans la ville de Zurich. Lors des élections au Conseil national de 2003, elle a obtenu une part presque incroyable de 33,6 % des suffrages !

8. Garder le cap

L’engagement ferme en faveur de l’autodétermination, de la démocratie directe, de la neutralité et du fédéralisme a été déterminant pour la réussite du parti, principalement dans les années 90. Alors que tous les autres partis et l’ensemble des élites politiques, économiques et sociales voulaient que la Suisse rejoigne l’UE, l’ONU et même l’OTAN, l’UDC zurichoise a suivi un autre chemin. Elle put rallier à sa cause le parti national, dans un premier temps, puis – dans les urnes – les citoyens suisses : le 6 décembre 1992, le peuple suisse a rejeté l’EEE, avec une participation de 78,7 %, fermant ainsi la porte à une adhésion à l’Union européenne.

Cette confrontation homérique, durant laquelle le dénigrement atteignit des sommets, fut l’impulsion qui donna naissance à de nombreuses nouvelles sections de l’UDC en Suisse centrale, en Suisse orientale et en Suisse romande.
Au début, l’UDC zurichoise a soutenu ces nouveaux partis par des conseils, par des actes et aussi, souvent, financièrement. Les fondements politiques de ces partis étaient solides. A l’époque, parmi les opinions publiées, s’engager pour la Suisse n’était pas considéré comme moderne. Mais l’UDC a maintenu sa position.

Le 1er août 1991 – pour les 700 ans de la Confédération – la classe politique, sur la prairie du Grütli, a porté en terre, par ses paroles, le Sonderfall suisse. Défendre le cas particulier de la Suisse, c’était donner des verges pour se faire fouetter. Mais l’UDC zurichoise s’est employée à changer les choses. Le discours de l’Albisgüetli de 1992 portait un titre programmatique : « S’adapter ou résister ? ».
Sur le plan interne, l’UDC zurichoise est devenue un rempart contre le socialisme et contre la désagrégation interne.

Ce sont les citoyens – et non l’Etat – qui doivent être au centre des préoccupations. Responsabilité individuelle, esprit d’entreprise, créativité, succès : telles sont les valeurs qui ont été diffusées. Cette orientation a formé la Suisse et a fourni les fondements qui ont permis à notre pays (pauvre, pratiquement sans ressources naturelles, sans accès à la mer, au territoire exigu) d’atteindre un tel niveau de prospérité. Ce qui a demandé beaucoup de travail. Sur ce point, le parti est resté fidèle à ce que les anciens proclamaient déjà en 1919 : « Il n’y a que le dur labeur pour nourrir un peuple et le renforcer moralement.»7

L’UDC s’inquiète lorsqu’elle observe que dans un Etat, celui qui travaille se sent floué par rapport à celui qui use de toutes les ficelles pour se faire entretenir par la collectivité. Nous avons alors un système social qui ne mérite plus ce nom. Dans le travail politique, la lutte contre les abus a pris une importance croissante, que ce soit dans les assurances sociales, l’asile, l’assurance-invalidité, l’aide au développement, ou ailleurs.

L’UDC estime elle aussi qu’il faut s’occuper de ceux qui sont incapables de subvenir à leurs besoins et qui sont passés à travers toutes les mailles du filet. Elle sait cependant qu’on n’aide pas les faibles en affaiblissant les forts. Que chaque franc distribué au titre de l’aide sociale doit d’abord être gagné et, en quelque sorte, enlevé à un autre.

C’est de cette constatation que découle la conviction sociale de l’UDC :

  • Être social, c’est d’abord s’occuper de soi-même et des siens.
  • Être social, c’est travailler.
  • Être social, c’est créer des emplois.
  • Être social, c’est vivre en assumant ses responsabilités.
  • Être social, c’est se montrer soi-même charitable et non se vanter des prestations sociales de l’Etat que d’autres doivent financer.

9. Défendre des principes

Les principes, par nature, restent toujours valables. L’UDC est le parti des principes. C’est en cela que réside sa crédibilité et sa force.

En 1922, le Parti des paysans s’est lancé dans la campagne des élections au Conseil national avec les slogans suivants : « Une politique en faveur de l’agriculture est une politique du travail »8, « Lutter contre les rouges »9 et « Défendre nos droits populaires »10.

En 2007, faudrait-il changer ne serait-ce qu’une virgule à ces slogans ? Non. Les principes restent valables et doivent être défendus.

Aux élections cantonales de 1932, le mot d’ordre du Parti des paysans était : « Pour la sécurité, le calme et l’ordre, pour des finances simples et saines, pour une politique résolument patriotique et bourgeoise.»11.

Devrions-nous changer un iota de ce texte ? Non.
L’UDC est un parti qui exige la sécurité pour les citoyens. Pour notre époque, l’UDC montre la voie : nous avons un problème de violence importée, il faut donc la réexporter.

10. Revenir aux valeurs fondamentales

En ce jour où nous célébrons un anniversaire, nous devons nous rappeler ce que doivent signifier pour nous les piliers de la Suisse :

  • Nous voulons une démocratie, une souveraineté du peuple, sans restrictions.
  • Nous voulons la liberté et l’autodétermination – nous n’avons pas besoin d’un droit étranger et nous voulons conserver notre liberté d’action.
  • S’agissant de la politique extérieure, nous sommes pour la neutralité perpétuelle – sans adjonctions répondant à la mode du jour (neutralité « active »).
  • Nous restons fidèles à nos principes et à nos valeurs et nous tenons le cap, contre tous les courants de la mode et les tentatives moralisatrices d’intimidation.

Permettez-moi pour conclure de citer encore un tract publicitaire du Parti des paysans de 1919:12
Vous voulez travailler et vivre ; vous détestez l’attitude de ceux qui ne veulent que se nourrir à la mangeoire de l’Etat.
Vous voulez un peuple suisse simple et moralement fort : des gens heureux de travailler et d’assumer leurs responsabilités !
Vous combattez les excès du capitalisme et condamnez les idées chimériques et destructrices des socialistes.
Vous exigez une politique qui maintient le cap et qui ne balance pas entre patriotisme bourgeois et socialisme.
Vous n’admettez pas le gaspillage des deniers de l’Etat par un système inconsidéré de redistribution et par une politique salariale ruineuse.
Vous exigez que les finances de l’Etat et de la Confédération soient gérées de manière économe.
Vous rejetez l’ingérence de l’Etat dans vos entreprises, parce que cette ingérence renforce la bureaucratie et paralyse la responsabilité individuelle.

L’UDC soit maintenir le cap. Pour une Suisse sûre, indépendante, qui réussit.
Pour un canton de Zurich prospère.
Pour les droits populaires.
Pour notre démocratie unique.
Pour notre pays.
Pour les citoyennes et les citoyens.
Cette journée ne marque pas l’aboutissement des missions passées, mais le début de missions nouvelles. Le canton de Zurich, la Suisse, les citoyens ont besoin de l’UDC!


1Der Zürcher Bauer, Der Bauer und die Nationalratswahlen, No 73, 24 septembre 1919. Revue en allemand uniquement. Pour toutes les citations : traduction SG-DFJP.
2Der Zürcher Bauer, Der Bauer und die Nationalratswahlen, No 73, 24 septembre 1919.
3Der Zürcher Bauer, Zum 8. Juli, No 27A, 5 juillet 1917, p. 314.
4Der Zürcher Bauer, Zu den eidgenössischen Wahlen, No 42, 16 octobre 1914, p. 505s.
5Der Zürcher Bauer, Kantonal zürcherische Bauernpartei, Parteiprogramm, No 95, 20 octobre 1931.
6"Demokratie oder Diktatur", "Der Zürcher Bauer" No 40, 7 avril 1933.
7Der Zürcher Bauer, Bauernpolitik, No 81, 22 octobre 1919.
8Der Zürcher Bauer, Kämpft für Liste 6, No 86, 28 octobre 1922.
9Der Zürcher Bauer, Der 29. Oktober, No 83, 18 octobre 1922.
10Der Zürcher Bauer, Der 29. Oktober, No 83, 18 octobre 1922.
11"Regierungsratswahl 1932", "Der Zürcher Bauer" No 41, 12 avril 1932.
12Der Zürcher Bauer, Werbeflugblatt der Bauernpartei 1919, No 82, 25 octobre 1919.
 

vers le haut Dernière modification 02.09.2007