Allocution de Mme Ruth Metzler-Arnold, Conseillère fédérale, lors de la séance du 25 octobre 1999 à Moutier

Assemblée interjurassienne

Mots-clés: Cantons

Discours, DFJP, 25.10.1999. Les paroles prononcées font foi

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres de l'Assemblée interjurassienne,
Mesdames, Messieurs,

Introduction

Il semble que l'automne soit la saison à laquelle les chefs du Département fédéral de justice et police rendent visite à l'Assemblée interjurassienne! C'est en effet le 11 novembre 1994 que se tenait à Moutier la première séance de l'Assemblée interjurassienne, à laquelle participait mon prédécesseur le Conseille fédéral Arnold Koller. C'est en octobre 1997 qu'il vous rendait une seconde visite. Et c'est en octobre 1999 que j'ai le plaisir de répondre à votre invitation et de vous faire, à mon tour, ma première visite. La régularité de ces rencontres démontre, si besoin était, l'importance que le Conseil fédéral accorde au suivi de ce dossier et à l'avenir de votre région.

Appréciation des travaux de l'AIJ

Je me réjouis aujourd'hui de constater que, jamais peut-être, les travaux de l'Assemblé interjurassienne n'ont été placés sous de meilleurs auspices. Les observateurs du dossier jurassien s'accordent à reconnaître que votre assemblée apparaît comme un lieu où non seulement un dialogue s'opère, mais aussi où des solution se dessinent. La légitimité et l'efficacité de vos travaux s'en trouvent renforcés.

Dans un premier temps, pas si éloigné, certains ont craint que l'Assemblée interjurassienne ne soit qu'une institution destinée à réaliser l'unification du Jura bernois et du canton du Jura contre la volonté de la population du Jura bernois. D'autres au contraire ont prétendu que les travaux de l'Assemblée interjurassienne s'enlisaient et qu'elle n'était qu'une institution "alibi". Vous avez su écarter ces craintes.

Depuis bientôt cinq ans, vous avez poursuivi vos travaux avec ténacité et constance, dans le respect et l'écoute de l'autre. Dans un premier temps, votre démarche a porté surtout sur l'adoption de résolutions sur des sujets précis dans les domaines les plus divers: formation, transports, santé publique, agriculture, etc.. Travailler ensemble sur des projets communs est encore le meilleur moyen de cultiver ses affinités. Ce travail n'est pas terminé, mais il prend aujourd'hui une dimension nouvelle avec les propositions d'institutions communes.

Lors des séances interactives, vous avez su aussi promouvoir le dialogue en portant le débat au cour de la population du Jura bernois et du canton du Jura. Cette attitude est fondamentale. L'idée qui sous-tend l'Accord du 25 mars 1994 est en effet de dégager, par le dialogue, des solutions qui naissent de la région concernée elle-même. Il ne s'agit pas d'imposer des solutions de l'extérieur. C'est du sol jurassien que naîtra la futur de cette région, quel que soit ce futur.

Vote consultatif de Moutier

Le choix de la commune de Moutier le 29 novembre dernier de rester dans le canton de Berne a été révélateur. Ce scrutin consultatif n'était pas sans présenter des risques pour les travaux de votre assemblée. Vous n'aviez pas manqué d'ailleurs de les souligner. Mais le résultat du vote, même s'il a été serré, illustre bien que l'époque des affrontements est révolue, et que la réflexion doit être globale et non plus communaliste. Ce sont les populations du canton du Jura et du Jura bernois qui doivent forger leur avenir, et qui doivent y réfléchir dans le cadre institutionnel de l'Assemblée interjurassienne.

Les trois pistes

Cet avenir, vous cherchez à le dessiner. Depuis deux ans maintenant, vous travaillez activement aux trois pistes que vous avez définies pour l'avenir de la région. En les parcourant, vous tiendrez compte du possible et du souhaitable. Nous attendons avec intérêt les résultats de cette réflexion, à laquelle vous allez du reste consacrer une partie de la séance d'aujourd'hui.

Les institutions communes

Mais votre actualité, ce sont avant tout les vingt-six propositions d'institutions communes que vous ont adressées les gouvernements bernois et jurassien. Plusieurs de ces institutions correspondent du reste à des résolutions de votre assemblée. Le nombre de ces propositions d'institutions communes est impressionnant. Il traduit aussi l'engagement des gouvernements bernois et jurassien. Vous n'avez reçu que récemment ces propositions, et l'examen de leur faisabilité vous prendra évidemment du temps. Vous avez donc, comme on dit, du pain sur la planche! Mais certaines de ces propositions sont riches de potentialité. Elles ouvrent de nouvelles perspectives.

Je le répète, jamais peut-être vos travaux n'ont été placés sous de meilleurs auspices. Mais jamais non plus l'attente n'a été aussi vive. Vous avez déjà démontré que vous saviez non seulement vous parler, mais vous écouter et travailler ensemble. Vous allez maintenant prouver que vous pouvez réaliser des projets communs, avec l'appui de vos deux gouvernements.

Rôle du Conseil fédéral

Ma présence aujourd'hui parmi vous coïncide donc avec une étape décisive de votre réflexion. On peut, j'en suis persuadé, continuer à vous faire confiance pour débattre en respectant l'esprit et les règles du consensus helvétique. C'est avec un intérêt tout particulier que je suivrai vos travaux.

Vous le savez, le rôle du Conseil fédéral et des gouvernements bernois et jurassien est d'accompagner et de favoriser votre réflexion. Dans le cadre de la Conférence tripartite, lors de laquelle nous discutons notamment votre rapport annuel, nous nous efforçons de trouver les moyens de favoriser votre démarche. C'est également le Conseil fédéral qui, avec l'accord des deux gouvernements, a nommé votre président, M. Jean-François Leuba. Je tiens ici à le remercier tout particulièrement de continuer à mettre ses compétences, son expérience et son temps au service de votre assemblée.

Vous allez entrer maintenant dans le vif du sujet. Je vous remercie encore de votre invitation et de votre accueil, et me réjouis de vous voir - et de vous entendre ! - travailler au futur de votre région.

vers le haut Dernière modification 25.10.1999