Aller au contenu principal

Publié le 27 juin 2007

"En principe, le préfet de la Gruyère a raison"

La Liberté, Herr Zoellig

La liberté: "Le conseiller fédéral estime que l'expulsion de délinquants étrangers mineurs est la "sanction ultime", mais qu'il faut l'appliquer à des multirécidivistes."

Pourquoi avez-vous accepté de participer à cette réunion?
Au Palais fédéral, on est hors de la vie.  J’aime aller au front. J’ai discuté de manière très ouverte avec les policiers.  J’écouterai leur point de vue aussi concernant le rapport que nous présenterons à la presse le 29 juin, sur le thème de la violence juvénile.

Quelles sont les grandes lignes de ce rapport?
La violence entre les jeunes a augmenté. Les statistiques des jugements le démontrent. Cette augmentation est plus forte parmi les étrangers, en particulier des Balkans. Ce sont des réalités qu’il faut connaître pour pouvoir aborder la question de l’intégration. Certaines mesures peuvent être prises immédiatement: améliorer la collaboration entre les offices, consulter les registres de police avant les naturalisations. D’autres mesures prendront plus de temps.

En parlant d’intégration, quelles sont vos recettes?
Pour les jeunes: la langue et la formation. Pour les adultes: la langue et le travail. Pour les deux: accepter les règles et les lois.

Les requérants n'ont pas le droit de travailler…
C’est vrai, sinon ils seraient au même régime que les bénéficiaires de la libre circulation des personnes. Mais pour les réfugiés et les personnes bénéficiant d’une admission provisoire, ils peuvent travailler. Et, en ce qui concerne les réfugiés, seuls 25% le font. Nous voulons améliorer cela, en leur facilitant l’accès au marché du travail.

Vous êtes sévère avec la justice et les assistants sociaux…
Les procédures sont trop longues. Et on fait trop de psychologie avec les auteurs de délits. On leur trouve toujours des raisons: ils ont eu une mauvaise éducation, ils viennent d’un autre pays, ils sont pauvres, etc. Ils doivent accepter les règles, et être punis s’ils ne le font pas.

Que pensez-vous de l’expulsion de mineurs étrangers récidivistes?
J’ai entendu parler du cas de la Gruyère, même si je ne le connais pas en détail. En principe, le préfet à raison. C’est la sanction ultime. Les étrangers sont bienvenus en Suisse, mais s’ils blessent systématiquement et gravement les règles, il faut qu’ils partent. J’espère que le préfet aura la possibilité légale d’agir…