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Publié le 1 mai 2004

«Il ne faut pas interdire les permis de courte durée»

Le Temps (Stefan Zindel)

Le chef du Département de justice et police se dit favorable à l'introduction d'un vrai statut de saisonnier.

Etes-vous favorable comme l’UDC à la réintroduction du statut de saisonnier?

Les saisonniers pouvaient venir en Suisse pour des périodes de 9 mois. Le problème de ce statut était qu’il était converti après quatre ans en une autorisation de séjour entraînant le regroupement familial. Les contrats de travail de courte durée que propose mon parti présentent une différence. Certaines branches en Suisse ont besoin d’étrangers pour de courtes périodes. Et il y a dans beaucoup de pays des gens qui seraient intéressés à de tels contrats. On ne devrait donc pas les interdire.

On pourrait régler le problème en étendant la libre circulation des personnes aux nouveaux Etats de l’UE.

La Commission des institutions politiques du Conseil National propose dans la nouvelle loi sur les étrangers l’admission de durée limitée pour la main d’oeuvre en provenance des nouveaux Etats de l’UE. Le Conseil fédéral est d’accord au sens d’une solution transitoire, jusqu’à ce que la Suisse a adopté la libre circulation avec les nouveaux pays de l’UE.

Un scénario que vous souhaitez?

Il est clair que dans tout le contexte autour des premières bilatérales, il est incontournable de faire quelque chose avec les nouveaux Etats de l’UE.

Si la Suisse renonce à étendre les premières bilatérales aux nouveaux Etats de l’UE, cela remettrait-il en cause les accords en vigueur?

Non. Cette menace n’est pas crédible. Vous pouvez être certain que l’UE ne les résiliera jamais. Je ne dis pas qu’il ne faut pas étendre les accords bilatéraux. Mais sûrement pas pour cette raison.

L’adhésion de la Suisse à l’accord de Dublin réduirait-il la pression migratoire sur la Suisse?

Le Conseil fédéral veut adhérer à Schengen, ce qui ferait aussi participer la Suisse à Dublin. L’avantage d’être dans Dublin serait d’être raccordé à une base de données d’empreintes digitales de personnes qui ont déjà déposé une demande d’asile dans un pays de l’UE. Mais pour l’heure, la non-appartenance à Dublin ne nous procure aucun désavantage. Il y a des pays dont on suppose qui n’entrent pas les données de leur requérants dans le système. Et pour cause: ce sont autant de personnes que d’autres Etats risquent de leur renvoyer plus tard. Si Dublin devait fonctionner un jour, un danger pourrait exister pour la Suisse, si la Suisse est dehors.

Le regroupement de l’Office fédéral des réfugiés et de celui des migrations est-il toujours d’actualité?

Il y a toujours plus d’éléments qui plaident en faveur de cette solution. Les personnes en séjour illégal ont généralement commencé par déposer une demande d’asile. La séparation entre domaine de l’asile et des étrangers est donc artificielle. La réunion des deux domaines permettrait de mener une politique plus convergente. Et de réaliser des économies.