Aller au contenu principal

Publié le 30 octobre 2014

"L'économie suisse a besoin d’immigrés"

20 Minutes, Désirée Pomper

20 Minuten: "Le 30 novembre, le peuple votera sur l’initiative Ecopop. Un texte trop extrême, selon Simonetta Sommaruga."

L’initiative "Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles" prédit un avenir morose pour notre pays, si l’immigration n’est pas jugulée. La conseillère fédérale ­socialiste, cheffe du Département de justice et police, se veut rassurante.

Madame la conseillère fédérale, le texte veut combattre un bétonnage intensif de la Suisse. Renonceriez-vous à votre maison et à votre jardin?
C’est vrai, j’aime mon jardin et je ne souhaite pas y renoncer. Mais la question n’est pas de savoir où nous vivons. L’important, c’est la qualité de vie.

Justement, le citoyen ne doit-il pas pouvoir choisir entre ville et campagne en 2060?
Bien sûr. Nous devons simplement bien réfléchir à comment nous construisons l’avenir. Il existe des concepts de croissance intelligents et durables, qui tiennent compte de la sauvegarde des paysages.

Les initiants pensent que les partis ne feront rien avant que la Suisse ne soit recouverte de béton...
Si c’est ça leur souci, pourquoi n’ont-ils pas lancé un texte en ce sens? Le taux de CO2 ne va pas baisser dans le monde si moins d’étrangers viennent chez nous.

Selon vous, une Suisse avec 20 millions d’habitants n’aurait pas d’incidence sur l’environnement?
Inutile de peindre le diable sur la muraille. Personne ne parle de 20 millions de Suisses.

Quels seraient, selon vous, les avantages d’une population qui continue de croître?
Nous avons, malgré une forte immigration, un des taux de chômage les plus bas d’Europe. Notre économie a besoin d’immigrés.

Que se passerait-il si Ecopop était acceptée?
Elle étoufferait notre moteur économique. Ce qui affecterait nos salaires et nos retraites. En outre, elle compliquerait encore nos relations avec l’Union européenne, notre principal partenaire économique. Après le 9 février, il est déjà difficile de savoir si les accords bilatéraux pourront être sauvés.