Allocution télévisée

Votation populaire du 9 février 2014

Allocution télévisée du conseiller fédéral Didier Burkhalter

 

Mesdames et Messieurs,
Chères concitoyennes, chers concitoyens,

Le 9 février prochain, nous nous prononcerons sur l’initiative de l’UDC "contre l’immigration de masse". Cette initiative propose un changement de système. Aujourd’hui, nous avons un régime de libre circulation des personnes – et surtout de libre circulation du travail – avec les pays de l’Union européenne et ceux de l’Association européenne de libre-échange. L’initiative veut revenir à un système de contingents – rigide, bureaucratique, coûteux – qui seraient fixés par l’État.

L’immigration contribue beaucoup à la prospérité de la Suisse. Notre économie, qui connaît l’un des taux chômage les plus faibles d’Europe, a toujours été tributaire de la main-d’œuvre étrangère : l’industrie, la santé, l’enseignement, la recherche, le tourisme, l’agriculture ne pourraient pas fonctionner sans les travailleurs de l’étranger.

Nos assurances sociales bénéficient également des cotisations des ressortissants européens, qui sont généralement plutôt jeunes et bien formés. Ils payent par exemple plus à l’AVS que ce qu’ils reçoivent comme rentes. Sans immigration la partie assurance de l’AVS serait d’ailleurs déficitaire depuis plus de vingt ans. Et sur ces dix dernières années l’immigration a contribué positivement au financement de l’AVS pour un montant cumulé considérable de plus de 25 milliards de francs.

La réintroduction du système des contingents déstabiliserait notre économie sans forcément faire baisser le niveau de l’immigration. La Suisse a déjà connu un système de contingents. Et à l’époque, dans les années 60 et jusqu’au début des années 70, l’immigration était plus élevée qu’elle ne l’est aujourd’hui avec la libre circulation des travailleurs.

L’introduction de plafonds serait par ailleurs contraire au principe de la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. Elle pourrait mettre en péril tous les accords du premier paquet d’accords bilatéraux.

Le Conseil fédéral a conscience du fait que l’accroissement de la population a aussi des répercussions sociales. Les autorités avec les partenaires sociaux prennent des mesures concrètes, des mesures ciblées pour résoudre les problèmes sur les marchés du travail et du logement, ainsi que dans les transports.

Des mesures d’accompagnement ont été introduites pour maintenir le niveau des salaires et pour préserver les conditions de travail suisses. Elles ont été complétées à plusieurs reprises. Toute une série de dispositions sont prévues pour renforcer l’offre de logements à un prix abordable, et pour améliorer l’infrastructure de transport.

Mesdames et messieurs

Cette initiative relative à l’immigration ne résout en fait aucun problème. En revanche, elle en crée de nouveaux. Elle crée des problèmes par le fait qu’elle veut :

  • plus de bureaucratie, plus de coûts ;
  • une immigration moins adaptée aux réalités du travail en Suisse ;
  • la mise en danger, au fond, de la voie du succès de la Suisse en Europe, de la voie bilatérale ;
  • et elle veut aussi nous mettre dans l’incertitude pour l’avenir des entreprises, ce qui est néfaste pour l’emploi – donc pour nous tous.

Le Conseil fédéral vous demande de ne pas affaiblir les bases de la réussite du pays. C’est pourquoi, avec le Parlement fédéral, nous vous recommandons de voter non à cette initiative.

Dernière modification 20.01.2014

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